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Un geste... Episode 5 / Hautes-Pyrénées

Dernière mise à jour : 18 juil.

Chez « Un jour, un refuge », nous l’attendions tant cette saison qui embellit nos caméras de mille et une couleurs ! Car oui, le printemps est une fête qui fait vivre et revivre ce patchwork unique aux millions de nuances, porté par une flore généreuse mais ô combien sensible…



Des 4 saisons, elle est très certainement attendue par le plus grand nombre ! Elle est celle qui nous libère des couches vestimentaires, celle qui réchauffe nos coeurs et fait re-vivre la nature qui a sommeillé avec rudesse tout l’hiver ! Le printemps est donc une renaissance en tout point et quoi de mieux qu’un généreux rayon de soleil pour s’échapper à la découverte des mille et une couleurs ?


Mais avant ça, profitons-en pour faire un tout petit point… car même si le printemps doit beaucoup à ses fleurs pleines de vie, la flore de montagne n’est pas seulement un plaisir pour nos pupilles et nos narines, elle est aussi et surtout, une source précieuse de vivres pour la faune sauvage et les insectes qui vivent avec, et grâce à elle. Ensemble, ils forment un biotope « presque » parfait, synonyme d’équilibre et d’avenir.


Pourtant, on ne la voit pas toujours ainsi… car avouons secrètement qu’on aime flâner au milieu des sentiers, le nez au vent tout en cueillant le bouquet qui ornera le buffet de la maison pour quelques jours… Et même si, séchées, elles continuent d’embellir votre salon avant de prendre la poussière, revenons sur le terrain… quel impact ont nos petites mains cueilleuses de beauté vivante ?



A l’heure où l’Homme doit absolument devenir un ami véritable pour la nature, n’oublions pas qu’il en est depuis toujours, son principal prédateur ! Si l’on remonte à l’origine de son existence sur Terre (il y a plus de 7 millions d’années), l’Homme cueillait déjà, par nécessité de subvenir à un besoin vital qu’était celui de se nourrir !


Ce grand chasseur / cueilleur qu’il était, s’est donc construit avec et grâce à la nature ! C’est par la suite et tout au long de son évolution, que ses pratiques ont évolué avec d’autres notions comme celles notamment du confort puis du plaisir. C’est ainsi qu’il a commencé à comprendre et à explorer d’autres possibles, l’amenant avec le temps, à d’autres envies, provoquant d’autres besoins comme ; le confort, l’acquisition, l’appropriation et l’égoïste conservation.

En bref, pendant des millions d’années, l’Homme n’a cessé d’évoluer dans son propre intérêt et s’est servi de la nature d’abord pour survivre, pour ensuite, avec le temps, vivre dans le confort.

La nature étant sa source de première ligne, il a très vite compris qu’elle pourrait répondre à presque tous ses besoins.



Si on en revient à la cueillette, avant d’être une pratique bien connue des randonneurs et autres amoureux de la montagne, c’est un geste ancestral avec lequel on peut remonter tout le cours de l’Histoire et qui s’est inscrite, de manière instinctive, dans nos modes de vie. Mais avec le temps et comme de nombreux autres gestes, la cueillette a mené l’Homme à des pratiques déroutées ou massivement impactante, qu'il s'agit désormais de faire évoluer ou réglementer au coeur du sauvage, si l’on souhaite préserver notre environnement. Il est donc important de savoir où l’on pose ses pieds et ce que l’on peut s’approprier ou pas… pour cela, avant de s’adonner au plaisir coupable de la cueillette ou du prélèvement, il faut se renseigner :


Voici les quelques questions qu’il faut bien se poser :


  • Sur quel terrain vais-je évoluer ?

  • Ai-je le droit de cueillir ou de prélever ?

  • Quelles-sont les espèces protégées ?


Prenons l’exemple concret des parcs nationaux, ils sont de très bons exemples en terme de préservation de l’environnement sauvage. Créer dans le but de réguler et de protéger les milieux sauvages en souffrance, les Parcs Nationaux et autres Réserves Régionales ou Nationales, ont pour objectif de sensibiliser mais aussi et surtout, de régulariser les pratiques de l’Homme, afin qu’elles ne soient plus impactantes pour l’équilibre de la Nature. Pour cela, différentes législations sont en place et permettent d’informer et de guider les passioné(e)s dans leurs pratiques. Mais attention, suivant les milieux et environnements dans lesquels vous évoluer, gardez bien en tête que la législation n’est pas toujours la même ! Certains acteurs de la préservation des territoires, régulent les pratiques de cueillette et de prélèvement, via des « quotas » par espèce, par jour et par personne ». D’autres en interdisent formellement et tout bonnement la pratique, s'ils jugent qu’elles ont un impact sur l’environnement protégé.



La législation est également valable pour le prélèvement de fossiles et de minéraux, considérés à ce jour, comme un patrimoine géologique protégé.


Pour tous renseignements et avant toute partie de cueillette (fleurs, champignon, baies, etc…), veillez à bien vous renseigner sur les différents sites web des Parcs Nationaux et autres Réserves (lien ci-dessous)


Par ailleurs, bon nombre de lieux sauvages ne sont pas soumis à la législation, ce qui indique que la pratique la cueillette ou du prélèvement sont autorisées ! Mais ça ne veut pas dire qu’il faut pratiquer sans conscience et sans limites ! Il est donc important de raisonner sa pratique avec une bonne connaissance des espèces et des quantités raisonnables… les champignons sont un très bon exemple ! Je cueille donc ou prélève qu’un certain litrage, ce qui permet au biotope de continuer à porter cet équilibre ô combien précieux. Mais cela permet également d’en laisser aux autres pratiquants qui partagent le même plaisir. Il ne faut donc jamais cueillir dans une dynamique de quantité, mais bel et bien, dans une dynamique de plaisir personnel et à titre exceptionnel.



Du reste, bien connaître les législations en vigueur sur vos terrains de prédilection, sera un plus non-négligeable. Au-delà de vous indiquer certaines mesures ou interdictions, cela vous permettra d’en apprendre toujours plus sur cette pratique ancestrale et généreuse, que l’on doit raisonner si l’on souhaite qu’elle perdure dans le temps…


Pour finir, sachez que dans une dynamique professionnelle, la législation peut différer quelque peu. Il vous faudra donc également consulter les collectivités territoriales en charge de la gestion des lieux sur lesquels vous souhaitez exercer.


Voici quelques liens qui pourront vous aider :


- Parc National des Pyrénées : http://www.pyrenees-parcnational.fr/fr/le-parc-national-des-pyrenees/la-reglementation/cueillette-et-prelevement


- Parc National des Cévennes : http://www.cevennes-parcnational.fr/fr/le-parc-national-des-cevennes/la-reglementation-du-coeur/la-cueillette-et-le-prelevement-despeces


- Parc National des Ecrins : https://www.ecrins-parcnational.fr/cueillettes-et-prelevements


- Parc National de la Vanoise : https://www.vanoise-parcnational.fr/fr/des-decouvertes/sejourner-dans-le-parc/parc-nationaux-alpins-vous-donne-les-cles-la-reglementation


- Parc National du Mercantour : http://www.mercantour-parcnational.fr/fr/le-parc-national-du-mercantour/la-reglementation


- Réserve naturelle Nationale du haut-Jura : https://www.rnn-hautechainedujura.fr/reglementation/interdits-en-rnn/


- Centre National de la Propriété Forestière (sur les champignons) : https://www.cnpf.fr/se-former-s-informer/droit-et-fiscalite/cueillette-des-champignons-que-dit-la-loi


(c) - Texte et photos - Antoine Bonnefille-Roualet - 2022











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