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Un geste... Épisode 3 / Saison 1

On ne vous cache pas qu'en écrivant "Un jour, un refuge", nous tenions énormément à cette rubrique "Un jour, un geste" tant nous allions en apprendre sur le terrain, sur nos façons de l'aborder et de pratiquer...



En arrivant dans les Vosges, nous avions en tête de pratiquer différemment, de manière plus douce et ralentie que précédemment à ski... Pour cela, notre choix s'est porté sur les raquettes à neige et la façon avec laquelle, elles pouvaient nous offrir de découvrir autrement.



C'est sans doute, à ce jour, la mobilité sportive hivernale la plus douce et la plus accessible (avec la marche à pied quand la neige le permet). Légères, solides, simples d'utilisation, peu encombrantes, moins onéreuses que certaines autres pratiques, présentes partout ou presque, etc... on peut leur concéder presque autant d'avantages que de massifs à arpenter et de types de neige à fouler !


En revanche, même si les raquettes font trace sur toutes les neiges du Monde (ou presque), le Massif des Vosges (et notre accompagnateur, Yannick Holtzer plus particulièrement) nous ont appris qu'elles ne pouvaient pas toujours faire trace avec liberté, en dehors des sentiers... car oui, dans le Massif des Vosges (comme dans d'autres massifs protégés en France et ailleurs), la liberté de l'Homme s'arrête là où la mise en danger du sauvage commence. Et c'est là que l'on comprend que notre plaisir égoïste de fouler la fraîche en dehors des sentiers a un prix et que certaines espèces peuvent payer cher...!


Pour commencer, voici quelques chiffres intéressants sur le secteur du Hohneck, que nous avons le privilège de fouler (Réserve Naturelle Nationale / Frankenthal-Missheimle) .



Intéressant ? Mais on ne s'est pas arrêté là, on a voulu en savoir plus... et c'est tout naturellement vers Emmanuelle Hans, conservatrice du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, que nous nous sommes tournés.


- Pouvez-vous nous décrire les Vosges en quelques chiffres ?

Le Massif des Vosges s'étend sur 2 régions (Grand Est et Bourgogne Franche-Comté) et 4 départements (Vosges, Haut-Rhin, Territoire de Belfort et Haute-Saône).

Le territoire du Parc naturel régional des Ballons des Vosges s'étend sur une superficie de 291 km² pour plus de 250 000 habitants.

Au sein de ce territoire, plusieurs espaces remarquables sont protégés pour la faune et la flore qui s'y développent. Ces espaces sont classés en réserves naturelles (5500 ha), en arrêtés de protection du biotope (7000 ha) ou encore en réserves biologiques forestières (4300 ha).


En parallèle, le territoire du Parc naturel régional est concerné par des zones d'intérêt européen, classées par le réseau écologique Natura 2000. Les 34 sites Natura 2000 occupent une surface de 69000 ha (25% du territoire).


- Depuis quand certains territoires du Massif des Vosges sont-ils devenus des lieux protégés, sous l'appellation "Réserve Naturelle" ?

Les Réserves naturelles ne concernent qu'une partie du Massif des Vosges. Les réserves représentent environ 2% du territoire du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.


Par exemple, au Hohneck, le site est concerné par la Réserve naturelle nationale du Frankenthal-Missheimle, classée en 1995. Longue de près de 6 km, elle représente, avec son caractère alpin marqué et ses cirques glaciaires, un des sites les plus prestigieux du massif.


Un grand nombre d’habitats naturels forment une mosaïque de milieux : forêts à caractère subnaturel, escarpements rocheux et falaises, cirques glaciaires, chaumes, prairies et tourbières. Haut-lieu de la botanique vosgienne, la Réserve naturelle abrite de nombreuses espèces floristiques subalpines.



- Quelles sont les espèces végétales et animales (endémiques ou pas) que l'on peut trouver dans le Massif des Vosges ?

Pour ne citer qu'elles dans un premier temps, puisque nous allons aborder ensuite le sujet de la quiétude de la faune sauvage, voici certaines espèces sensibles et bien connues du Massif : le Grand Tétras, le Hibou Grand-Duc, le Faucon pèlerin, le Grand Corbeau ou encore le Chamois. Ces dernières sont notamment connues pour être les plus vulnérables aux dérangements

Pour la flore, on pourra citer les espèces caractéristiques de l'étage subalpin (Oeillet superbe, Lys martagon, Ail victorial, Digitale jaune), les formations buissantes (avec Sorbiers des oiseleurs, Alisiers et Merisiers à grappes boréal) ou encore les espèces de milieux humides (Adénostyle, Laiteron des Alpes, Aconit napel ou encore Pédiculaire feuillée.)




- Quel est l'impact réel de l'Homme sur la faune sauvage en hiver

L’hiver est une période difficile pour la faune sauvage. Une période rigoureuse durant laquelle la faune sauvage doit faire face à de rudes conditions de vie : manque de nourriture, déplacements difficiles dans le manteau neigeux, froid…


Dans ce contexte, chaque dérangement causé par l’homme accentue les pertes énergétiques en causant fuite et stress des animaux. Répétés, ces dérangements peuvent compromettre la survie des espèces les plus sensibles.Au printemps et en été, durant la période de reproduction et d’élevage des jeunes, la faune sauvage est également fragile.


Des dérangements répétés peuvent avoir des répercussions sur le succès de reproduction et le nourrissage des jeunes, qui peuvent parfois être abandonnés si le danger est trop présent.

- Parmi toutes les restrictions visant à protéger la nature au sens large, on parle de zones de quiétudes, quels sont leurs rôles ?

Avec le déploiement de plusieurs outils de communication, le programme Quiétude Attitude renforce son action sur le terrain avec la matérialisation des secteurs avec de forts enjeux de conservation pour les espèces du massif, dont certaines en voie de disparition.


L’objectif principal de la signalétique temporaire mise en place est de faire respecter les itinéraires balisés dans les zones de quiétudedu 1er décembre au 30 juin afin d’éviter tout dérangement de la faune sauvage, qui pourrait lui être fatal.


Cela participe à concilier l’accueil du public, de plus en plus demandeur d’activités dans la nature, tout en respectant sa fragilité et en la protégeant.


- Avez-vous un conseil à donner aux randonneurs qui vous lisent ?

Adopter la quiétude attitude !

Cinq bons réflexes vous sont proposés, afin que chacun puisse contribuer au respect de la quiétude de la faune sauvage.

1. Je prends connaissance des zones de quiétude et de la réglementation 2. Je reste sur les itinéraires balisés dans les zones de quiétude 3. Je respecte le silence de la nature 4. Je tiens mon chien en laisse 5. Je privilégie les activités en journée.

Adoptez ces 5 bons réflexes, et contribuerez à la préservation de la faune sauvage ! Je vous invite à consulter les liens ci-dessous, on peut y retrouver toutes les informations nécessaires : https://quietudeattitude.fr/

https://www.ballonsdesvosges-reservesnaturelles.fr/

Mille mercis Emmanuelle pour ces précieuses informations.


Une fois de plus et comme on le dit si bien... "on se couchera moins C.. ce soir !" mais surtout, on se couchera en ayant compris que la montagne est, certes un extraordinaire terrain de jeux, mais qui paye régulièrement et avec le temps, le prix de nos envies et de nos soi-disant "libertés..."


A bon entendeur !


(c) - Photos et textes - Antoine Bonnefille-Roualet

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